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Colloque étudiant : L’imaginaire normatif
Pour Walter Benjamin, la fonction « sociale » de l’art est un indépassable. Il est vrai que l’art s’émancipe petit à petit de ses fonctions rituelles pour gagner en autonomie et finalement se constituer en « champ » indépendant des champs du pouvoir — religieux, politique ou économique. Toutefois, cette émancipation ne se traduit pas par une « perte » de fonction, mais simplement par une transformation de cette fonction. Qui plus est, outre le changement relationnel que l’art possède avec les autres champs sociaux, un autre changement important bouleverse la « fonction » de l’art au tournant du 19 e siècle : la reproductibilité technique.
Nous cherchons donc à interroger la révélation, fixation et dégradation des imaginaires normatifs par l’art aux ères de sa reproductibilité technique. Ici, « imaginaires normatifs » se comprend comme la (co)construction et l’internalisation de mythes, ces « réels-et-imaginés », constituant les « normalités ».
Le présent projet vise à réunir des propositions qui vont interroger comment l’art, à l’ère de sa reproductibilité technique:
1) Révèle, en s’en saisissant, les imaginaires normatifs et en donne une certaine « dimension »;
2) Fixe, « naturalise », ces représentations;
3) Dégrade en en déclinant de nouvelles formes qui révèlent les contradictions et incohérences de ces réels-et-imaginés et de leurs universaux idéals.